Trois mois après l’annonce de leur nomination, les cinq artistes encore en course pour le Prix MAIF pour la Sculpture 2011 étaient réunis le 4 octobre, au Bal à Paris, pour être départagés. Après une présentation de leurs travaux, exposés aux invités de la mutuelle (galeries, écoles et amis du Prix), le président du jury et de la MAIF, Roger Belot, accompagné des membres du jury, ont récompensé Antoine Dorotte pour son projet Top Roots.
Les nominés (Antoine Dorotte, Amélie Chabannes, Céline Cléron, Karim Ghelloussi et Mathilde Roussel) ont eu un peu plus de deux mois pour réaliser leur modèle échelle 1, certains à partir du seul dessin présenté ce printemps au jury*. Leur investissement a donné lieu à des sculptures qui vivront certainement bien au-delà de cette soirée du 4 octobre. Parmi elles, l’avenir s’écrit en bronze pour celle d’Antoine Dorotte, qui a remporté le 4ème Prix MAIF pour la Sculpture.
Antoine Dorotte, par un travail de modelage original, a proposé avec Top Roots un objet pop, à la fois drôle et absurde. Une oeuvre qui traduit une réflexion plus large sur le monde végétal et son pouvoir de suggestion. Cet improbable palmier inversé, racines au ciel et feuilles au sol, est un travail plastique complexe, que le bronze devrait magnifier prochainement, témoin la pertinente recherche de monumentalité et d’humilité, conciliées ici par l’artiste. En 2012, il aménagera son projet pour en faire un moule destiné à la fonte puis se verra financer le tirage en deux exemplaires de Top Roots (un exemplaire pour l’artiste, le second pour la mutuelle). Pour l’artiste, ce sera la première expérience du bronze.
Antoine Dorotte vit et travaille à Rennes. Collaborant avec la Galerie ACDC (Bordeaux), il a notamment été lauréat en 2009 du salon de Montrouge. Après les trois premières lauréates, Antoine Dorotte continue de creuser le sillon étonnant du Prix MAIF pour la Sculpture, qui depuis sa création, a redonné au bronze un souffle contemporain, par des projets durement sélectionnés – plus de 120 dossiers présentés, en 2011.
A chaque édition, la MAIF récompense une écriture artistique et un style différents. C’est là toute la beauté et l’originalité de ce Prix : saluer/distinguer avant tout un travail exemplaire plutôt qu’un parcours confirmé ou une renommée déjà acquise. Il en est ainsi depuis 2008 avec Elsa Sahal, Brigitte Zieger, et Françoise Pétrovitch dont l’oeuvre, Présence in the corner, fondue en bronze était exposée au printemps dernier à la galerie RX (Paris).