L'oeuvre de Jef Aérosol, un pochoir de 350 m² sur le pignon d'un immeuble du 4e arrondissement de Paris, interpelle le passant et l'invite au silence. Cette prouesse technique est le fruit d'un mécénat de compétences initié par Doublet, leader mondial du drapeau basé à Avelin, qui lui permet de respecter une tradition familiale d'ouverture à l'art en associant ses employés dans la recherche de l'innovation en collaboration avec les artistes. Gaëlle Colaert-Doublet, directrice marketing et communication, oeuvre en ce sens.
Les projets prévus pour 2012 sont dans les tuyaux. Mais pas question d'en savoir plus, pour le moment. Gaëlle Colaert-Doublet assure la sélection parmi les nombreux dossiers reçus : « Nous avons deux projets présélectionnés pour 2012. Des choses assez impressionnantes. Par rapport à ce qu'on a fait avec Jef à Paris, c'est l'étape supérieure. »
Car le fameux pochoir, Chuuutt ! ! !, marque l'entrée de Doublet dans un mécénat de compétences d'envergure. Des lés de 22 mètres de hauteur, une surface de 350 m², quatre jours de peinture : le plus grand pochoir d'Europe a demandé une préparation technique d'une année.
Un designer de Doublet a accompagné l'artiste tout au long du travail préparatoire. « On s'est demandé en quelle matière on allait faire le pochoir, comment on allait le fixer. Et finalement, on a découpé de la bâche et on a pitonné le mur. On s'est également occupé de l'échafaudage », souligne Gaëlle Colaert-Doublet.
"On va dans l'atelier, on tripote les tissus"
La présence de Doublet aux côtés d'artistes reflète une tradition familiale que la directrice marketing prend plaisir à perpétuer : « Nos grands-parents, parents et nous, les enfants, avons toujours baigné dans cet état d'esprit d'ouverture artistique. On le fait parce qu'on a un coup de coeur et pas comme un investissement. Nous n'apportons pas de soutien financier. C'est un mécénat de compétences et technologique. Ce qui nous intéresse, c'est l'échange, la discussion. pourquoi l'artiste a-t-il envie de faire ça ? Nos rencontres avec les artistes sont très informelles. On va dans l'atelier, on discute avec les employés, on tripote les tissus. »
Le mécénat permet bien sûr à l'entreprise de communiquer sur ses compétences, de partir à l'assaut de nouveaux marchés en élargissant son savoir-faire. Mais il permet aussi aux salariés de participer à des projets hors norme : « C'est très bien pour eux. Ça leur permet de sortir de leur quotidien et ça les met en valeur. De fil en aiguille, on bâtit un truc ensemble. Ça engendre une ouverture d'esprit. Les gens se posent des questions ça les stimule, ça les bouge. Et puis ça nous permet de leur montrer que l'entreprise n'est pas qu'une organisation économique. »
Le mécénat de compétences coûte entre 15 000 et 25 000 euros chaque année à Doublet. Un investissement qui rejaillit sur l'image de l'entreprise, à hauteur de la notoriété des artistes qui font appel à ses compétences et à ses services.
Des artistes renommés
Le pochoir de Jef Aérosol représente « le mécénat de l'année 2011 pour Doublet , selon Gaëlle Colaert-Doublet.C'est du street art, extrêmement visuel ». Mais d'autres artistes de renom se sont déjà attachés les services de Doublet : François Azambourg, créateur du micro restaurant réalisé dans le cadre de Lille 2004, Marlène et ses drôles de costumes pour le festival de Cannes, le photographe allemand Peter Klasen... « Les artistes sont des gens hyper exigeants. Ils ont une idée très précise de ce qu'ils veulent. »
